I FOUND MY LESBIAN LINEAGES IN SAN FRANCISCO
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I FOUND MY LESBIAN LINEAGES IN SAN FRANCISCO *
[FR] Invitée par la Villa Albertine à présenter mes recherches sur la contribution des lesbiennes à l’histoire queer de San Francisco à la San Francisco Public Library (SFPL), j’ai choisi de proposer un dialogue avec l’écrivaine Michelle Tea, figure culte de la scène littéraire lesbienne depuis les années 1990. Les archives de Michelle, conservées au Hormel Center de la SFPL, sont au centre de mes recherches documentaires. Sur scène, nous nous sommes entourées des boîtes contenant la mémoire lesbienne du travail de Michelle accumulé au fil des décennies. J’ai raconté la naissance de ce projet de recherche, mes méthodes de travail, et les tournants inattendus qu’a parfois pris cette enquête. En plus de deux décennies, la culture gouine de San Francisco s’est construite à travers ses propres généalogies. Des lignages verticaux et horizontaux, des scènes artistiques qui se sont influencées mutuellement, et dont les protagonistes parlent avec passion dans les films photographiques que j’ai réalisés à partir de mes entretiens et de ma collecte d’images d’archives: la naissance du mouvement Queercore, l’ouverture du Bearded Lady Café, les relations butch-fem et la place des personnes trans dans la communauté locale. Enfin, avec Michelle, nous avons pris le temps de raconter l’histoire de Sister Spit, le collectif de spoken word qu’elle a co-fondé en 1994, et dont les aventures dans le quartier de Mission, puis à travers tout le pays, ont révolutionné la littérature lesbienne et queer.
Michelle Tea est une autrice, poète et productrice d’événements littéraires américaine dont les œuvres autobiographiques et autofictionnelles traitent de culture queer, de féminisme, de classe sociale, de travail du sexe et de contre-culture. Célèbre pour Valencia, récompensé par le Lambda Award, et Against Memoir, lauréat du prix PEN/Diamonstein-Spielvogel, elle a fondé RADAR Productions, la tournée Sister Spit et DOPAMINE, et a créé Drag Queen Story Hour, influençant ainsi des générations d’écrivains queer et féministes.
[ENG] In June 2026, the Villa Albertine invited me to present my research at the San Francisco Public Library (SFPL). I chose to partner with writer Michelle Tea, a cult figure in San Francisco’s lesbian literary scene since the 1990s, for a two-way conversation. Michelle’s archives are held at the SFPL’s Hormel Center and have been central to my documentary research. On stage, we surrounded ourselves with boxes containing the lesbian memory of Michelle’s work, accumulated over decades. I talked about the origins of this research project, my work methodology, and the unexpected turns this investigation sometimes took. Over more than two decades, San Francisco’s dyke culture has been shaped by its own genealogies. Vertical and horizontal lineages, artistic scenes that have influenced one another—and whose protagonists speak passionately in the films I made based on my interviews and collection of archival images: the birth of the Queercore movement, the opening of the Bearded Lady Café, butch-fem relationships, and the place of trans people in the local community. Finally, Michelle and I took the time to tell the story of Sister Spit, the spoken-word collective she co-founded in 1994, whose adventures in the Mission District—and later across the country—revolutionized lesbian and queer literature.
Michelle Tea is an American author, poet, and literary arts organizer whose autobiographical and auto-fictional works explore queer culture, feminism, class, sex work and countercultural life. Known for the Lambda Award–winning Valencia and PEN/ Diamonstein-Spielvogel Award–winning Against Memoir, she founded RADAR Productions, the Sister Spit tour, DOPAMINE and created Drag Queen Story Hour, influencing generations of queer and feminist writers.